Le théorème des quatre couleurs
Sujet proposé par Georges Gonthier
Le théorème de quatre couleurs est l'un des résultats les plus
célèbres de mathématiques combinatoires. Malgré un énoncé simple, le
théorème est resté une conjecture pendant plus d'un siècle, durant
lequel il fut abordé par les plus grands mathématiciens, parfois avec
des résultats faux. En outre, sa résolution en 1976 comportait un long
calcul sur ordinateur, et était donc de ce fait très controversée, la
plupart des mathématiciens n'étant pas capables de vérifier
l'exactitude des programmes utilisés. Dans ce projet informatique, on
vous propose de revérifier cette preuve avec des moyens modernes, en
partant d'une preuve simplifiée plus récente.
Un peu d'histoire
En 1852 Francis Guthrie, cartographe anglais, remarque qu'il lui
suffit de quatre couleurs pour colorer la carte (pourtant fort
complexe) des cantons d'Angleterre, sans donner la même couleur à deux
cantons adjacents (ayant une frontière commune). Il demande donc à son
frère Frederick, mathématicien, si cette propriété ne serait pas vraie
en général pour toute carte plane; celui-ci communique la conjecture
à De Morgan, et en 1878 Cayley la publie.
Presqu'aussitôt, en 1879, Kempe trouve une prmière ``preuve'' de la
conjecture, mais onze ans plus tard Heawood y trouvera une faille
majeure; il parviendra toutefois à en sauver un théorème des
cinq couleurs. Une seconde ``preuve'' par Tait en 1880 sera
de même réfutée par Petersen en 1891.
En 1913, le père de l'algèbre moderne, G. D. Birkhoff, formule la
notion de configuration réductible et démontre la conjecture
pour toutes les cartes comportant moins de 26 régions à
colorier. Cette borne est améliorée au cours du
XXe siècle; en 1969 Heesch trouve des
conditions ``presque'' nécessaires et suffisantes pour qu'une
configuration soit réductible, et une méthode générale pour trouver
un ensemble inévitable de configurations.
Finalement, en 1976, Appel et Haken réalisent le programme de Heesch,
et montrent, dizaines de milliers de figures à l'appui, que toute
carte non 4-coloriable doit contenir l'une de 1478 configurations, et,
avec 1200 heures de calcul, que chacune de ces configurations sont
réductibles.
Enfin, en 1995, Robertson, Sanders, Seymour et Thomas mettent à profit
la formidable accélération des ordinateurs pour trouver une
réalisation nettement plus simple du programme de Heesch, avec
seulement 633 configurations; de plus ils automatisent également la
preuve d'inévitabilité. L'objet de ce projet est de vérifier la
réductibilité de ces 633 configurations.
1 L'argument de Kempe
Assez ironiquement, le premier jet de Kempe contient toutes les idées
maîtresses de la vraie preuve, même s'il aura fallu près d'un siècle pour le
mettre au propre. Il est donc utile de dérouler l'argument faux de
Kempe, à la fois pour comprendre la difficulté du problème et parce
qu'il sert de trame à l'argument juste.
1.1 Des cartes aux graphes
Pour commencer, on note que tout problème de coloriage de carte est
trivialement équivalent à un problème de coloriage de graphe:
il suffit de choisir une capitale dans chaque région, et de relier
par une route les capitales de chaque paire de régions ayant un
segment (pas un point) de frontière en commun. Ainsi, colorier la
carte équivaut à colorier les capitales en donnant des couleurs
différentes à deux capitales directement reliées par une route.
Parce qu'elle permet de faire des figures plus claires, la formulation
en graphes est celle qui est généralement utilisée par les
mathématiciens qui ont abordé le problème, et c'est celle que nous
utiliserons dans la suite de cette section.
La transformation carte-graphe est en fait une dualité. En
effet les ``routes'' d'un graphe planaire délimitent aussi des régions
du plan, appelées faces du graphe, et le graphe de la carte des
faces n'est autre que... le graphe des fontières de la carte
d'origine !
On remarque que l'on peut se limiter au coloriage des graphes
connexes triangulés, dont chaque face est délimitée par exactement
trois routes (y compris la face infinie qui entoure le graphe tout
entier). En effet, on peut obtenir un graphe
triangulé GT à partir d'un graphe G quelconque en supprimant
les routes parallèles, et en ajoutant n-3 routes diagonales en
travers de chaque région n-gonale (n³ 4); alors, tout
4-coloriage de GT sera aussi un 4-coloriage de G.
1.2 La formule d'Euler
Le nombre f de faces d'un graphe planaire connexe G peut en fait
se calculer à partir du nombre n de sommets
(capitales) et m d'arêtes (routes) de G, au moyen de la
formule d'Euler:
n - m + f = 2
qui se démontre aisément par récurrence sur m.
Kempe utilisa cette formule de la manière suivante :
chaque arête ayant deux extrémités, le degré (nombre d'arêtes
incidentes) moyen d'un sommet est d = 2m/n.
Dans un graphe triangulé, chaque arête a deux ``côtés'', et chaque
face est entouré de trois de ces côtés, donc 3f=2m, et donc
Il existe donc un sommet x de degré d au plus 5 dans G. L'idée de
Kempe est de supposer par récurrence que G-x est 4-coloriable, et
de tenter d'étendre un 4-coloriage de G-x en un coloriage de G.
1.3 Les chaînes de Kempe
Si le coloriage dans G-x des voisins de x n'utilise pas les quatre
couleurs, il suffit d'attribuer à x l'une des couleurs inutilisées;
c'est forcément le cas si d=3. Sinon, il est nécessaire
de modifier le coloriage de G-x; Kempe étudia les conditions dans
lesquelles ceci pouvait être fait.
Considérons un graphe (planaire) H 4-coloré en bleu, jaune, rouge,
blanc. Si y est un sommet coloré en bleu, on appelle
chaîne de Kempe bleu-jaune de y à z un chemin dans H
de y à z qui alterne les couleurs bleu, jaune, bleu, jaune,
..., et composante bleu-jaune de y l'ensemble H'
de tous les de tous les sommets z de H tels qu'il y ait une
chaîne de Kempe bleu-jaune de y à z.
L'intérêt de ces définitions est le suivant: on peut
intervertir les couleurs bleu et jaune dans une composante
bleu-jaune quelconque de H, pour obtenir un nouveau coloriage
de H. Kempe eut l'intuition correcte que cette transformation (que
l'on appellera inversion) était suffisante pour démontrer le
théorème des quatre couleurs.
En effet, la planarité de G implique qu'on peut toujours
trouver une transformation qui change de façon non-triviale les
couleurs des voisins d'un sommet x. Par exemple, supposons que x a
quatre voisins x0, x1, x2, x3, qui sont respectivement
bleu, rouge, jaune et blanc dans un 4-coloriage de
H=G-x. Considérons la composante bleu-jaune de x0; elle ne
contenir ni x1 ni x3. Si elle ne contient pas non plus x2,
alors en l'inversant on met x0 en jaune, sans toucher à x1,
x2, x3, donc on libère le bleu pour x. Sinon, il y a une
chaîne de Kempe bleu-jaune de x0 à x2. S'il y avait aussi une
chaîne blanc-rouge de x3 à x1, elle couperait celle de x0 à
x2 puisque H est planaire, ce qui est impossible. Donc inversant
la composante blanc-rouge de x3, on met x3 en rouge sans changer
x0, x1, x2, ce qui libère le blanc pour x.
1.4 L'argument et sa réfutation
L'argument de Kempe se résume donc ainsi :
-
Un graphe à quatre sommets est trivialement 4-coloriable.
- Un graphe G triangulaire plus grand contient forcément un
sommet x de degré d £ 5.
- On peut supposer sinon que H=G-x est 4-colorié par récurrence
- Si le coloriage des d voisins n'utilise pas une couleur, on
l'attribue à x.
-
Sinon, on étudie les chaînes de Kempe dans H, et on trouve des
inversions qui dégagent une couleur pour x.
Pour tomber dans ce dernier cas, il faut avoir d=4 ou 5. On a vu
le cas d=4 ci-dessus. Pour d=5, Kempe proposa le raisonnement
suivant:
Soient x0, x1, x2, x3, x4 les voisins de x. Modulo
symétrie, on peut supposer que x1 et x3 sont blancs, et que
x0, x2, x4 sont respectivement bleu, jaune, rouge. S'il n'y
a pas de chaîne jaune-bleu de x2 à x0, alors on inverse la
composante jaune-bleu de x2, ce qui libère le bleu pour x. On
procède de même s'il n'y a pas de chaîne jaune-rouge de x2 à x4.
Sinon, x1 et x3 sont seuls dans leurs composantes blanc-rouge et
blanc-bleu, qu'il suffit d'inverser pour libérer le blanc pour x.
L'erreur ici est que les chaînes x2--x0 et x2--x4 peuvent
se croiser, donc que les composantes de x1 et x3 ne sont pas
forcément disjointes, et donc pas forcément inversibles
simultanément. En fait, Heawood exhiba un graphe à 25 sommets, pour
lequel aucune suite d'inversions de composantes des voisins de x ne
libère de couleur pour x.
2 Les configurations réductibles
La vraie preuve du théorème des quatre couleurs suit exactement le
plan de l'argument (faux) de Kempe, avec une différence importante:
on autorise une forme arbitraire pour le ``morceau'' de G qu'on
enlève pour la récurrence, au lieu de se limiter à un unique
sommet x, de degré 3, 4, ou 5. Un tel morceau de graphe s'appellera
une configuration.
Le plan de preuve consiste donc à trouver un ensemble fini K de
configurations qui soit inévitable, c'est-à-dire tel que tout
graphe non 4-coloriable contienne une copie conforme de l'une des
KÎ K; l'inévitabilité se démontre encore avec la formule
d'Euler, en répartissant finement (en 1/10!) les 12 degrés
manquants, au moyen de règles de ``décharge'' (Appel et Haken en
avaient 300, Robertson, Sanders, Seymour et Thomas seulement 32).
Ensuite, il suffit de montrer que chaque KÎ K est
réductible, c'est-à-dire qu'on peut toujours déduire le
coloriage d'un graphe G contenant une copie conforme de K du
coloriage d'un graphe G' plus petit.
L'objet de ce projet est de vérifier cette seconde partie de la
preuve, avec les 633 configurations de Robertson, Sanders, Seymour et Thomas.
2.1 Coloriage de frontières
Les calculs de réductibilité sont plus faciles à expliquer et à
réaliser en travaillant directement sur les cartes, plutot que
sur leurs graphes duaux.
Les cartes duales des graphes triangulés sont dites cubiques:
il y a exactement trois segments de frontière qui se
rencontrent à chaque jonction de frontières, et la frontière
de chaque région est constituée d'au moins deux segments (on exclut
donc les enclaves).
Il est également plus simple de colorier les segments de frontières
plutôt que les régions. Un tricoloriage des segments d'une
carte associe à chaque segment l'une de trois couleurs, de façon à ce
que les trois couleurs apparaissent à chaque jonction. On a:
Théorème 1 [Tait 1880]
Les régions d'une carte cubique sont 4-coloriables si et seulement si
ses segments de frontières sont tricoloriables.
En effet, si l'on a 4-colorié une carte cubique avec les trois
couleurs primaires (rouge, jaune, bleu), et un blanc ``magique'',
on peut en colorier chaque segment avec le mélange des couleurs
des régions qu'il sépare. Si le mélange d'une primaire avec le
blanc magique donne sa complémentaire (p.ex.,
rouge+magique=vert), que les mélanges primaire-primaire suivent les
règles usuelles (p.ex., jaune+bleu=vert), on constate que
l'on obtient bien un tricoloriage de la carte avec les
les trois couleurs secondaires (vert, orange, violet).
Réciproquement, dès que l'on fixe la couleur de la région infinie,
un tel tricoloriage des segments induit de proche en proche un unique
4-coloriage des régions.
Les inversions de Kempe sont particulièrement simples dans un
tricoloriage. Par exemple tous les segments de frontière
à l'intérieur d'une composante bleu-jaune ou rouge-blanc sont verts,
et donc que les segments qui délimitent cette composante sont
alternativement oranges et violets. Inverser la composante échange
alors tout simplement l'orange et le violet sur cette frontière.
2.2 Les configurations
Puisque nous travaillons avec des cartes, les configurations seront
des fragments de carte. Formellement un fragment de carte H
est l'intersection d'une carte C avec un domaine D, qui est
une région connexe dont la frontière ne passe par aucune jonction
de C. Un fragment comporte donc des régions partielles qui
sont en partie délimitées par la frontière du domaine; de même il peut
comporter des demi-segments qui relient une jonction à un point
de la frontière du domaine, et/ou des cordes qui relient
directement deux points de la frontière du domaine. Les points de la
frontière de D qui sont les extrémités de cordes ou de demi-segments
forment l'interface H de H. Le nombre de points
de H s'appelle le périmètre de H.
Une configuration K est tout simplement un fragment de carte cubique
sans corde, tel qu'il y ait au plus un demi-segment à chaque jonction.
Le noyau de K est la carte de ses régions entières.
Robertson, Sanders, Seymour et Thomas imposent quelques propriétés supplémentaires
à leurs configurations, pour pouvoir les représenter par le graphe dual
de leur noyau; ces propriétés ne sont pas nécessaires pour effectuer les
vérifications de réductibilité.
On dit qu'une carte C contient une copie conforme d'une
configuration K s'il existe un domaine D tel que le fragment
CÇ D soit homéomorphe à K. Dans la suite on identifiera
simplement CÇ D et K. Ce découpage définit aussi un fragment
complémentaire C-K = C Ç (R2 - D), qui a la même interface que CÇ D=K.
Les définitions du 4-coloriage et du tricoloriage s'étendent aux
fragments de graphes cubiques, en coloriant aussi les régions
partielles, demi-segments ou cordes. Un tricoloriage g d'un
fragment H induit un 3-coloriage g de son
interface H, attribuant à chaque point d'interface la
couleur du semi-segment ou de la corde dont il est l'extrémité.
g est pair: la parité du nombre de sommets
colorés dans chacune des trois couleurs (vert, orange, violet) par
g doit être égale à la parité du périmètre
de H.
2.3 Les chromogrammes
Etant donné une configuration K, et une carte C contenant K, on
obtient une carte C' plus petite en remplaçant K par un fragment
K' de même interface mais plus petit (par exemple, en effaçant un
segment de K); la restriction d à C'-K' = C-K d'un
tricoloriage de C' induit un tricoloriage d
de C-K. Clairement, K sera réductible si pour tout
coloriage pair d il existe un tricoloriage g
de K qui induit g = d sur
K=C-K: il suffit alors de recoller g et
d pour obtenir un tricoloriage de C.
Malheureusement, ceci n'est vrai que pour les configurations de
périmètre 3. Il est donc nécessaire de modifier d à l'aide
d'une ou plusieurs inversions de Kempe, et donc de systématiser le
raisonnement que nous avons fait pour un sommet de degré 4
en 1.3. On évite l'erreur de Kempe en n'inversant
simultanément que des composantes par nature disjointes, par exemple
bleu-jaune et/ou rouge-blanc; on parlera d'inversion verte dans ce
cas. L'ensemble l'ensemble des coloriages que l'on peut obtenir par
inversion verte (ou orange ou violette), qui dépend la topologie de
C-D et de d, peut se résumer de manière remarquablement
simple par un chromogramme.
Un chromogramme X est simplement un fragment de carte qui ne
comporte que des cordes, lesquelles sont coloriées avec
deux couleurs, ``paire'' et ``impaire''. Si
aÎ{vert,orange,violet} est une
couleur secondaire, on dira que d et X sont
a-compatibles si et seulement si
-
X est l'ensemble des points de K que
d ne colorie pas en a,
- si c une corde de X, d'extrémités x,y,
alors d(x) = d(y) si et
seulement si c est impaire.
Ces définitions sont motivées par le résultat suivant :
Théorème 2
Soit H un fragment de carte cubique, d un tricoloriage de
H, a une couleur secondaire. Il existe un un chromogramme X
tel que tout 3-coloriage g de H est
a-compatible avec X si et seulement si il peut être induit
par un coloriage d' obtenu de d par a-inversion.
Prenons par exemple a=vert. Soit H' le fragment
obtenu en supprimant dans H tous les segments et demi-segments
verts. On obtient X en effaçant de H' de toutes les jonctions
binaires et régions isolées. Chaque corde c de X est donc la
concaténation de k segments, demi-segments, ou cordes de H';
la ``couleur'' de c est la parité de n. Comme H est cubique
et qu'on supprime un segment vert de chaque jonction, H' est une
union disjointe de lignes pointillées orange-violet, et donc X est bien
un chromogramme compatible avec d.
X ne dépend que des segments verts de d, et est donc
invariant par inversion verte.
Réciproquement, un g vert-compatible avec X
colorie les mêmes points en vert que d. Si c est
une corde de X d'extrémités x,y, alors g(x)
= d(x) ssi g(y) =
d(y). Soit X' le fragment obtenu en supprimant
de X tous les c tels que g(x)
= d(x) et g(y) =
d(y). On obtient d' en faisant une inversion
verte dans une région partielle sur deux de X'.
2.4 La réductibilité
Armés de cette analyse, nous pouvons maintenant énoncer des conditions
de réductibilité suffisantes pour démontrer le théorème des quatre
couleurs.
Soit K une configuration; l'ensemble, noté K*,
des coloriages compatibles avec K est le plus
petit ensemble de 3-coloriages de K tel que
-
si g est un tricoloriage de K, alors gÎ K*,
- si il existe une couleur secondaire a, telle que
pour tout chromodendron X a-compatible
avec d,
il existe un d'Î K* a-compatible avec X,
alors dÎ K*.
K* contient donc les coloriages qu'il est toujours possible de
ramener à un coloriage de K par une suite d'inversions de Kempe,
et ce quelque soit la topologie de C contenant K.
Si K* contient tous les 3-coloriages possibles de K,
alors on dit que K est D-réductible, car on peut alors
adapter tout tricoloriage G-K à un coloriage de K avec des
inversions, et recoller.
La plupart des configurations réductibles intéressantes ne sont hélas
pas D-réductibles; heureusement, on peut s'en tirer en forçant le
choix du K' remplaçant K dans la récurrence. On se donne
contrat k, qui est un petit ensemble de 1 à 4 segments
entiers de K tel que1
il n'y ait pas plus d'un segment de k à chaque jonction de K.
C sera dit C-réductible si tout tricoloriage de K' induit
un coloriage de K*. En effet un tricoloriage de la carte C'
obtenue en supprimant les segments de k dans C est le
recollage d'un tricoloriage d de C-K et d'un tricoloriage
e de K', donc
d=eÎ K*, et on peut trouver
un d' et un g comme pour la D-réductibilité.
3 Travail demandé
Vous devez donc faire un programme qui vérifie la partie réductibilité
du théorème des quatre couleurs:
-
Les 633 configurations vous seront fournies dans un
fichier au format
simple, que votre programme devra pouvoir lire.
- La vérification de réductibilité demande de programmer trois
algorithmes pour effectuer les calculs décrits dans 2.4: le
calcul de l'ensemble des g pour g
tricoloriage de K, le même pour K' s'il y a un contrat, et enfin
le calcul de K* ou de son complémentaire.
- Il faut faire attention au choix des structures de données et
algorithmes que vous utiliserez pour ces algorithmes, surtout pour le
calcul de K*. En particulier, l'utilisation de la symétrie des
couleurs permet de diviser la taille des ensembles par 6! Avec de bons
algorithmes, un programme en C bien écrit peut traiter chaque
configuration en moins d'une minute.
- Le fichier contiendra les coordonnées d'une ``jolie''
disposition des configurations. Vous êtes encouragés à les utiliser
pour afficher certains calculs intermédiares de votre programme.
Pensez aussi à tester votre programme sur des configurations non
C-réductibles (l'examinateur le fera).
4 Extensions
Deux grands types d'extensions sont envisageables :
-
On peut déduire de la preuve du théorème un algorithme de
4-coloriage de carte planaire en temps quadratique. Vous
pouvez le construire (en partie) à partir du test de réductibilité.
- Vous pouvez compléter votre travail en réalisant l'autre
moitié de la preuve: l'inévitabilité.
References
-
[RSST97]
- N. Robertson, D. Sanders, P. Seymour, R. Thomas.
The Four-Colour Theorem.
Journal of Combinatorial Theory, Series B,
70 (1997), pp. 2--44.
- [AH89]
- K. Appel, W. Haken.
Every planar map is four colourable.
Contemporary Mathematics 98 (1989).
- [SK77]
- T. Saaty, P. Kainen.
The Four-Color Problem, assaults and conquest.
McGraw-Hill (1977).
- 1
- Si |k|=4 on exige aussi qu'une
région t de K soit adjacente à au moins trois régions bordées par
un segment de k, et que si t est un pentagone dont quatre des
sommets sont des extrémités de segments de k, alors un de ses
côtés est dans k. Cette condition curieuse permet de s'assurer
que C-KÈ K' est bien une carte cubique (sans boucle), dès lors
que C n'est pas la réunion de deux configurations disjointes de
périmètre inférieur ou égal à 5, et différentes du pentagone de Kempe
(Birkhoff a montré que ces configurations sont toutes réductibles).
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